On regarde quoi en Juin ?
Pour s’y retrouver dans la multitude de séries qui sortent chaque mois, l’équipe de Séries Mania vous propose une sélection parmi les nouveautés. On vous donne chaque fois trois raisons de les regarder. Et bien sûr, on n’oublie pas l’événement de ce mois-ci : le grand retour à Westeros pour la saison 3 de House of the Dragon !
Sa Majesté des Mouches
DÉJÀ DISPO – Canal + – MINI-SÉRIE (4×60 min) – Royaume Uni
Pendant la Seconde Guerre mondiale, un groupe de jeunes garçons britanniques s’écrase en avion sur une île déserte du Pacifique. Sans adultes, ils tentent de s’organiser jusqu’à ce que rivalités et instincts primitifs fassent voler en éclats tout semblant de civilisation.
3 RAISONS DE LA REGARDER
- Parce que c’est l’adaptation d’un roman culte. Écrit par William Golding, prix Nobel de littérature en 1983, Sa Majesté des mouches est une œuvre majeure du XXᵉ siècle. Son adaptation en série s’inscrit dans une tendance récente où les livres deviennent des sources d’inspiration de plus en plus prisées par les scénaristes de séries.
- Parce qu’elle raconte une histoire à hauteur d’enfant. Son showrunner, Jack Thorne, confirme son talent pour exploiter la candeur de la jeunesse afin de mettre en lumière les failles de l’ordre social, les mécanismes du pouvoir et les limites de la loi. Espérons que cette troupe de comédiens débutants connaisse le même destin que Owen Cooper – révélé avec Adolescence.
- Pour sa bande originale. Vous avez été émus par le thème d’Interstellar ou hypnotisés par le générique de The White Lotus ? Bonne nouvelle : leurs compositeurs respectifs – Hans Zimmer et Cristobal Tapia de Veer – signent la bande originale de cette série ! Ce dernier nous avait d’ailleurs révélé les coulisses de son travail pendant une masterclass lors de la dernière édition du festival.
PONIES
Déjà dispo – HBO MAX – MINI-SÉRIE (8x50min) – états Unis d’amérique
Moscou, 1977. Aux yeux des services secrets, Bea et Twila ne sont que des « Ponies » : des personnes jugées strictement sans intérêt. Simples secrétaires à l’ambassade américaine, leur quotidien bascule le jour où leurs maris meurent dans de très mystérieuses circonstances en URSS. Bien décidées à obtenir des réponses, elles sautent le pas et s’improvisent espionnes.
3 RAISONS DE LA REGARDER
- Pour l’alchimie entre le duo d’actrices. On y retrouve Emilia Clarke (Daenerys dans Game of Thrones !) face à Haley Lu Richardson (The White Lotus). Elles incarnent deux femmes que tout oppose : la bonne élève qui garde toujours le contrôle et l’électron libre qui fonce tête baissée. Leurs échanges sont pleins d’humour, et l’on prend un vrai plaisir à voir ces deux personnalités si différentes faire équipe.
- Parce que la série s’amuse à dépoussiérer les classiques de l’espionnage. Oubliez les agents secrets toujours froids et sérieux ! Ici, le suspense des missions sous couverture se mélange à une ambiance très assumée des années 70, au rythme des tubes de l’époque. C’est un vrai divertissement qui assume son côté léger, sans pour autant sacrifier le suspense qui nous tient en haleine jusqu’au bout.
- Parce que la série prend un malin plaisir à déjouer le sexisme de l’époque. Dans les couloirs de l’ambassade, nos deux héroïnes sont d’abord cantonnées à des rôles de secrétaires, obligées de supporter en silence la misogynie de leurs collègues. Mais elles refusent de rester sur la touche. C’est une façon très intelligente de montrer comment celles que le système considère comme invisibles peuvent en réalité devenir ses atouts les plus redoutables.
Innato
Déjà dispo – Polar + – MINI-SÉRIE (6x45min) – Espagne
Après avoir purgé une lourde peine, le tueur en série Felix Garay est libéré et son retour fracture la vie que sa fille Sara s’était construite sans lui. Quand de nouveaux meurtres au mode opératoire troublant surgissent, elle se demande si l’un de ses proches est impliqué, et quels secrets enfouis sont sur le point de remonter à la surface.
3 RAISONS DE LA REGARDER
- Parce que c’est une série espagnole ! L’industrie sérielle de nos voisins du Sud ne s’est jamais aussi bien portée. Sur ces dernières années, Los Anos Nuevos, La Mesias, Celeste ou encore Querer – toutes passées par Séries Mania – se sont distinguées par leur originalité et leur pertinence. On attendait donc avec intérêt ce thriller psychologique aussi haletant qu’efficace.
- Pour son actrice principale. Nommée trois fois pour le Goya de la meilleure actrice – l’équivalent espagnol des Césars – Elana Anaya s’était révélée au public français grâce à son rôle de Sofia dans Mesrine : l’instinct de mort. Pour cette série, elle s’est préparée pendant plusieurs mois auprès de psychologues légistes afin d’incarner au mieux la fille d’un tueur en série.
- Pour le dilemme familial qu’elle présente. Après avoir réussi à se défaire de l’influence néfaste de son père, Sara fait de nouveau face à ses traumatismes lorsque son fils découvre avec fascination le passif de son grand-père. Tout au long du récit, son rôle sera de maintenir une stabilité au sein de sa famille tout en aidant la police à enquêter pour découvrir la vérité.
PROUD
Disponible le 12/06 – HBO MAX – MINI-SÉRIE (8x35min) – POLOGNE
🏆 Grand Prix, Compétition internationale – Séries Mania 2026
🏆 Prix du Meilleur acteur de la Compétition internationale pour Ignacy LISS – Séries Mania 2026
Filip est un jeune homme gay, effronté et irresponsable, convaincu que le monde lui appartient. Lorsqu’une tragédie familiale éclate, son égocentrisme se mue en un sentiment de culpabilité persistant. Alors qu’il prend en charge sa jeune nièce, Filip aspire à sa liberté, mais l’idée de confier le bébé à des inconnus réveille en lui ses propres traumatismes d’enfance. Pour s’occuper d’elle, il doit affronter ses faiblesses, ses échecs et les préjugés de la société.
3 RAISONS DE LA REGARDER
- Pour son protagoniste irrésistiblement imparfait. Égocentrique et impulsif, Filip a tout pour agacer. Pourtant, il est rendu attachant par le scénario qui ne projette aucun regard moralisateur sur lui. Face à ses responsabilités parentales, on observe ce jeune adulte improviser et se tromper, tiraillé par un dilemme universel : comment exister pour soi tout en s’occupant d’un enfant ? Une émotion qui doit beaucoup à la performance magistrale d’Ignacy Liss, récompensé par un Prix d’interprétation, et par une quête d’authenticité détaillée par l’équipe lors de sa conférence de presse à Séries Mania.
- Parce qu’au milieu de la réalité sombre et de l’homophobie qu’elle dénonce, la série n’oublie jamais de faire entrer la lumière. Elle ne cache rien de la dureté de la société polonaise, un pays où les couples de même sexe sont privés de droits fondamentaux et où les personnes LGBTQIA+ demeurent vulnérables face aux actes de haine. Mais face à ce climat hostile, le récit choisit de se concentrer sur ce qui sauve son héros : l’amitié et la fameuse « famille choisie ». C’est beau, c’est sensible, et ça crée à l’écran une bulle de solidarité extrêmement chaleureuse.
- Pour sa réalisation sensorielle, qui en fait une œuvre totale digne de son Grand Prix ! Si le scénario touche par son humanité, la forme, elle, électrise. En filmant cette jeunesse de très près, avec une tendresse évidente, la caméra refuse toute hiérarchie et accorde la même dignité à chaque corps. C’est dans ce regard capable d’embrasser aussi bien la frénésie du monde de la nuit que la douceur d’un foyer en construction, que la série arrive à esquisser un horizon plein d’espoir.
Sous pression
DISPONIBLE LE 12/06 – France TV – MINI-SÉRIE (6x45min) – Royaume Uni
A la suite du meutre d’une adolescente lors d’une rave party sur une plage, chaque membre d’une petite ville près de Liverpool se demande qui aurait pu commettre le crime. Une enquête se lance alors, dévoilant les rivalités et les relations d’un groupe varié d’adolescents et de leurs parents. Au fur et à mesure que secrets et mensonges sont mis à nu, la vérité qui se cache derrière cette agression finit par émerger.
3 RAISONS DE LA REGARDER
- Parce que c’est un thriller choral haletant ! Plus proche d’Hercule Poirot que de Columbo, la série ouvre sur le meurtre de Kelly – sans pour autant montrer qui l’a tué. Par la suite, elle revient sur le mois qui a précédé ce crime à travers le point de vue des différents protagonistes afin d’élucider le mobile et surtout l’identité de l’assassin. À mesure que l’enquête avance, on se rend rapidement compte que plus d’un membre de cette petite communauté avait des raisons d’en vouloir à Kelly – malgré l’amour ou l’amitié qu’elle leur portait.
- Pour le sujet qu’elle traite. Comme pour Adolescence ou Sa Majesté des mouches, Sous pression interroge à sa manière l’influence des adultes sur le comportement des enfants. Cette fois, c’est en dépeignant des parents exigeants et envahissants que la série explore l’impact de la pression familiale dans le développement d’adolescents.
- Pour son duo père-fille touchant. Aux côtés de Warren Brown (Luther, Strike Back), l’actrice britannique Eva Morgan livre pour le premier grand rôle de sa carrière une interprétation remarquable, en adolescente partagée entre les attentes familiales et son désir de liberté. Un binôme qui leur a respectivement valu les prix de meilleure actrice et meilleur acteur au festival de la télévision de Monte Carlo
THE HACK
DISPONIBLE LE 12/06 – Arte – MINI-SÉRIE (7x50min) – royaume uni
De 2002 à 2012, le journaliste d’investigation Nick Davies a mis au grand jour le piratage téléphonique massif qui a provoqué la chute de News of the World, le tabloïd britannique du magnat Rupert Murdoch. La série retrace cette histoire vraie à travers deux enquêtes parallèles : celle de Davies pour le journal The Guardian, épaulé par son rédacteur en chef, et les investigations de l’ancien détective Dave Cook sur le meurtre non élucidé du détective privé Daniel Morgan.
3 RAISONS DE LA REGARDER
- Pour son casting britannique très, très alléchant. En tête de liste, on retrouve le grand David Tennant (Doctor Who, Broadchurch), accompagné d’autres figures iconiques du grand et du petit écran anglais : Toby Jones (Mr Bates vs The Post Office, Harry Potter), Robert Carlyle (Trainspotting, Once Upon a Time), mais aussi Adrian Lester (Hustle) et Steve Pemberton (Inside No. 9).
- Pour plonger dans les véritables coulisses de ce scandale. Que vous découvriez l’affaire ou pensiez déjà la connaître, la série révèle tout ce qui n’avait pas été communiqué à l’époque. En reliant le célèbre scandale des écoutes à ce dossier de meurtre mystérieux, le scénario montre qu’il ne s’agissait pas seulement de quelques journalistes prêts à tout pour un scoop, mais d’un véritable réseau de corruption où la police couvrait ces abus de pouvoir.
- Pour son créateur. Après avoir brillamment travaillé la tension du plan-séquence dans sa série Adolescence, le scénariste Jack Thorne joue cette fois-ci avec un autre procédé : la rupture du quatrième mur. En laissant son héros nous interpeller directement à la caméra, il apporte un second niveau de lecture, plus humoristique. C’est un parti pris qui permet de vulgariser et de donner un vrai rythme à une enquête pourtant ultra-complexe, un procédé narratif qu’on avait décrypté dans un TikTok.
Devil’s playground
DISPONIBLE LE 19/06 – Arte– MINI-SÉRIE (6x50min) – Australie
💜Sélection officielle, Séries Mania 2014
Tom Allen, psychiatre, père de deux enfants et veuf depuis peu, accepte la proposition du cardinal de Sydney de devenir conseiller pour prêtres. Au fil des séances, il va découvrir un scandale que l’Eglise a tenté d’étouffer.
3 RAISONS DE LA REGARDER
- Pour le courage de son sujet. En faisant des abus sexuels commis par des prêtres le cœur de son histoire, Devil’s playground lève le voile sur l’Église catholique et questionne cette institution qui a souvent jouit d’une impunité. Bien que la série se déroule dans l’Australie des années 80, le sujet n’en demeure pas moins actuel, universel et surtout essentiel.
- Pour la manière dont elle le traite. En plus de veiller à ne pas dépeindre négativement la communauté catholique, le scénariste et producteur Blake Ayshford a pris le soin de s’entretenir avec des membres du clergé australien pour ne pas faire d’approximation ou rentrer dans le complotisme et le sensationnalisme. Pour lui, Devil’s playground n’est pas un “polar” mais “une série sur le mal que l’église a fait à des innocents”.
- Pour sa galerie de personnages complexes. Devil’s Playground met en scène deux évêques antagonistes – un libéral (John Noble) et un conservateur (Don Hany) – qui essayent tant bien que mal de combattre la corruption qui gangrène l’Église catholique. Ce duo est accompagné par un psychiatre (Simon Burke) tentant de garder la foi malgré la découverte de toutes les exactions de cette institution et une journaliste (Toni Collett) prête à faire la lumière sur ces dernières.

The bear – saison 5
DISPONIBLE LE 26/06 – Disney+ – 5 saisons (8x40min) – états-unis d’amérique
Sydney, Richie et Natalie « Sugar » apprennent que Carmy a quitté le secteur de la restauration, leur laissant le restaurant. Sans argent, confrontés à la menace d’une vente et à une tempête diluvienne, les nouveaux associés doivent s’unir avec le reste de l’équipe pour réussir un dernier service, espérant enfin décrocher une étoile Michelin. Au fil de cette épreuve, ils apprennent que la « perfection » d’un restaurant repose peut-être moins sur la cuisine que sur les personnes qui le font vivre.
3 RAISONS DE LA REGARDER
- Parce qu’on connaît le niveau d’excellence de la série. À Séries Mania, on attend cette nouvelle saison de pied ferme, puisqu’elle apparaît dans nos tops des meilleures séries en 2022, 2023 ET 2024 (oui oui, trois ans de suite !). Et rassurez-vous, on est loin d’être les seuls à le penser : la série a quand même raflé pas moins de 21 Emmys et 5 Golden Globes en seulement quatre saisons.
- Pour l’implication totale de son casting. La bonne nouvelle, c’est que l’intégralité de la distribution remet le tablier pour ce dernier chapitre. Et on le sait, leur investissement a souvent dépassé le simple cadre du jeu : par le passé, on a déjà vu Ayo Edebiri (Sydney) passer derrière la caméra, ou Ebon Moss-Bachrach (Richie) co-écrire le récent épisode spécial, « Gary ». Entre leur habitude d’avoir leur mot à dire sur la création et l’intensité dont ils font toujours preuve, on se doute bien que cette nouvelle saison nous offrira encore de grands moments à l’écran.
- Parce que c’est l’ultime saison. Aussi triste soit-il de dire adieu à la série, on préfère la voir s’arrêter au sommet plutôt que s’éterniser. Est-ce que Sydney et Richie vont réussir à cohabiter et à sauver le restaurant de la faillite ? Carmy parviendra-t-il enfin à trouver la paix ? Et surtout, cette fameuse étoile Michelin sera-t-elle décrochée lors de cet ultime service ? On a hâte de voir la fin imaginée par Christopher Storer pour chaque storyline.